Cyberknife, on remet ça

Après avoir débuté la semaine hier par des scans – cerveau, thorax et abdo-pelvien -, demain 25 janvier sera journée Cyberknife, pour un nouveau traitement au dos. Avec un peu de chance (ou beaucoup), ça devrait faire disparaître la douleur que je ressens au dos depuis quatre mois.

J’avoue que ces temps-ci, les nerfs et le moral s’en prennent plein la gueule. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la douleur, ça use. Et puis, il y a le nouveau traitement, à l’Axitinib. J’apprécie le fait que l’on soit arrivé à un dosage pour lequel les effets secondaires sont tolérables. Par contre, j’attends évidemment avec impatience – et nervosité – les résultats des scans d’hier qui me laisseront savoir si le traitement fonctionne et stabilise la situation ou, mieux encore, s’il réduit la taille des métastases existantes.

Enfin, pour conclure la semaine en beauté, rencontre le 27 d’un spécialiste de la douleur. Honnêtement, je ne sais pas trop à quoi m’attendre. J’imagine qu’il est plus familier avec des traitements mieux ciblés à ce niveau, minimisant les effets secondaires. Bref, j’en aurai le cœur net vendredi.

Et pour conclure, un néologisme fort utilisé par ceux et celles qui ont le cancer et se tapent des scans: scanxiété: l’anxiété générée par l’attente des résultats des scans de suivi de la maladie. Et je suis en plein dedans.

Cyberknife au cerveau, prise 2!

Eh non, je n’ai pas fréquenté mon clavier aussi rapidement que je pensais le faire. Si j’ai continué à prendre du mieux, une douleur au dos m’a sérieusement restreint dans mes activités. Ce n’est toujours pas vraiment réglé, mais on est arrivé à un bon dosage de médicaments pour que je ne ressente pas la douleur. Reste à en trouver la cause exacte.

À l’endroit où j’ai mal, les derniers scans n’indiquent rien d’anormal. Le 28 novembre dernier, j’ai tout de même subi un traitement de radiothérapie palliatif, ciblant précisément l’emplacement de la douleur. Étrangement, dès le lendemain du traitement, la douleur avait presque disparu. Toutefois, le répit fut de courte durée puisque trois jours plus tard, elle était revenue, et plus vive qu’avant le traitement.

Le radio-oncologue qui me traite pense que la source réelle du mal se situe peut-être au niveau de ma colonne vertébrale et nous attendons impatiemment – lui et moi – que l’hôpital me confirme une date de rendez-vous pour un scan complet de la colonne. On verra bien alors de quoi il en retourne.

Côté cerveau (après tout, c’est dans le titre du billet!), la petite métastase en périphérie du cervelet, celle qu’il a fallu des mois avant d’arriver à confirmer que c’était bien une métastase, avait continué de progresser, atteignant 8mm. C’était toujours minuscule, mais après discussion avec ma radio-oncologue, le Dr Carole Lambert, on a décidé de passer à l’attaque et de la zapper au Cyberknife. Comme elle est encore minuscule, cela m’a évité de me retrouver à devoir prendre des corticostéroïdes pendant une période prolongée, ce qui – pour moi – était hors de question après les emmerdements qu’ils m’avaient causé alors que j’étais traité par un autre spécialiste qui n’était pas (disons ça comme ça) très porté sur le suivi du patient. Une myopathie m’a suffi, je n’ai pas le goût de revivre ça. Donc, j’ai pris UNE pilule de corticostéroïdes, le jour de l’intervention, et c’est tout.

J’avais mentionné, lors du traitement de ma première intervention pour une métastase au cerveau, que le patient porte un masque pour s’assurer qu’il demeure bien immobile pendant l’intervention. En effet, le Cyberknife est un appareil de haute précision, s’ajustant notamment automatiquement à la respiration du patient. On parle de corrections de fractions de millimètres. Après tout, quand on joue dans le cerveau de quelqu’un avec des radiations à haute densité, il n’y a pas vraiment intérêt à zapper à côté de la cible, pas quand on pense aux conséquences possibles. Heureusement, l’équipe du Cyberknife de l’hôpital Notre-Dame est absolument géniale. Des professionnels chaleureux, souriants, humains, rassurants autant par leur attitude envers les patients que par leur professionalisme. Comme je leur dit à chaque visite, pour eux, contrairement à tellement d’autres intervenants rencontrés au fil de mes traitements, pour eux, c’est une vocation, pas simplement un boulot. Et ça paraît. Idem pour le Dr Lambert d’ailleurs.

Bref, les deux photos ci-dessous, prises par Isabelle, vous donnent une bonne idée de ce dont j’ai l’air en homme au masque grillagé. Cliquez sur les vignettes pour voir une version agrandie. :-)

Le positionnement sur la table, le Cyberknife en arrière-plan.

Le fameux masque en place, je suis prêt pour la sieste... er, le traitement!

Le traitement proprement dit a duré environ vingt minutes. Ajoutez à cela une quinzaine de minutes avant le traitement pour les ajustement préparatoires du Cyberknife. Le tout s’est fort bien déroulé. Reste à attendre deux mois pour les prochains scans du cerveau. C’est à ce moment que l’on pourra évaluer l’efficacité du traitement. Si je me fie au premier traitement, la métastase au lobe temporal gauche semble n’être plus qu’une minuscule masse de tissus inertes. Je souhaite donc que l’effet soit le même pour celle-ci!

Sept millimètres

C’est tout petit, sept millimètres, mais ça peut faire toute une différence dans la vie de quelqu’un. Dans mon cas, c’est la distance qui sépare mes tumeurs aux côtes – qui ont atteint les vertèbres – de la moelle épinière. Comme me l’expliquait mon radio-oncologue, s’il y avait des signes de pression sur la moelle épinière, compte tenu des vertèbres affectées, j’en ressentirais les effets dans les jambes. Pour l’instant, il y en a, mais c’est mineur: engourdissement des orteils et diminution des réflexes au niveau des chevilles. Évidemment, on surveille tout ça de très près.

Hier, j’ai reçu mon premier traitement au Cyberknife et ça s’est très bien passé. Encore une fois, j’ai énormément apprécié l’attitude de tout le personnel du service de radio-oncologie de l’hôpital Notre-Dame du CHUM, et tout particulièrement l’équipe qui opère le Cyberknife. Aimables, souriants, attentionnés, prenant le temps de répondre à toutes les questions que l’on peut avoir. Je ne sais pas s’ils savent à quel point ils font du bien à un patient tout simplement en faisant preuve de gentillesse et de respect.

Quant à la procédure elle-même, rien de plus simple. On s’étend sur une table sur laquelle on est immobilisé. C’est essentiel quand on sait que le traitement doit être d’une précision parfaite: pas question de rater la cible de quelques millimètres, on n’a pas cette marge de manoeuvre. Ensuite, le bras robotisé se déplace et on reçoit une série de rayons – près de 75 hier – ciblés sur le pourtour de la tumeur.

Ça se poursuit demain et mardi, alors j’aurai l’occasion de vous en reparler. Jusqu’à maintenant, peu d’effets secondaires. Pas de nausées ou de vomissements. Je me sens plutôt fatigué, plus qu’uniquement avec mes médicaments, et la douleur au dos s’est accentuée et s’étend de vis-à-vis des omoplates à la base du crâne. On m’avait prévenu que ça risquait d’être le cas dans les premiers jours suivant les traitements. Rien qui ne se contrôle pas avec des antidouleurs.

Voilà donc où j’en suis. Somme toute, tout va plutôt bien. Ne restera ensuite qu’à attendre les résultats au cours des semaines et des mois à venir, en espérant que ça aura réussi à enrayer la progression de la maladie sur les vertèbres. Pour ce qui reste de ces tumeurs aux côtes et pour celle à l’os iliaque, je vais poursuivre mes recherches pour voir s’il n’y aurait pas possibilité d’avoir recours à la cryogénie pour les éliminer. J’en avais discuté avec mon oncologue et, s’il est contre l’idée d’interventions chirurgicales pour effectuer des résections osseuses, il est toutefois d’accord que s’il est possible d’éliminer les tumeurs autrement, ça ne peut qu’être positif.