Besoin d’air!

En fait, j’aurais aussi pu titrer «Besoin d’air sur deux roues, avec un peu de soleil et une belle route». Bon, mettons que c’est beaucoup demander. Les belles routes, au Québec, ne sont pas légion! Oh, belles pour les paysages, ça ne manque pas, mais belles pour ce qui est de l’état de la route en question, c’est nettement plus rare!

Plus sérieusement, je peux compter les balades en moto cette année sur les doigts d’une main. C’est déprimant. Oh, j’ai bien utilisé la moto pour aller faire quelques courses, mais rouler en moto en ville, à Montréal, ce n’est pas faire une balade, c’est simplement utilitaire, avec en prime un test rigoureux du sens d’observation et des réflexes, courtoisie de tous les autres trucs qui partagent la voie de circulation et de l’état exécrable des rues. À Montréal, on n’a pas de nids de poules, on a des cratères; on n’a pas de petites fissures, on a des crevasses; on n’a pas quelques sites de rénovation, on habite un chantier global. Alors, quand vous ajoutez à tout ça des automobilistes frustrés, des cyclistes qui se crissent de toute la signalisation, des piétons qui font de même, et aussi des motocyclistes qui se prennent pour Rossi, ben disons que c’est pas reposant.

Ce que j’aime, c’est sortir de la ville, emprunter de petites routes de campagne, rouler calmement, sourire à chaque fois que je perçois une odeur qui se démarque, prendre le temps d’arrêter quand il y a quelque chose qui m’accroche l’oeil pour faire quelques photos, bref plein de petits trucs comme ça.

Depuis l’arrivée du cancer, j’ai eu plein de messages de soutien, de réconfort, d’amitié, et ça me fait chaud au coeur. Plein de messages de véritables amis, que j’aime, beaucoup. Tous compatissent sincèrement quand j’ai mal. Et oui, ça aide à supporter la douleur, surtout dans les passes de déprime.

Mais laissez-moi vous confier un secret: à la limite, la douleur, je m’en fous un peu, je peux l’endurer, elle est plus ou moins devenue une compagne à temps plein de toute façon, et pour encore je ne sais combien de temps. Par contre, ce qui est à la limite de l’intolérable, c’est toutes ces fois où je regarde par la fenêtre, que je vois la moto, juste là, devant l’appart, que je meurs d’envie de monter dessus et de filer, prendre l’air. Et toutes ces fois où, à cause de la maudite douleur, je n’arrive pas à mettre une crisse de paire de chaussures et que je ne peux pas partir rouler. Ça, c’est la pire des douleurs…

 

1 Commentaire

  1. ha non mais il va falloir que ces douleurs se calment rapido! Avec l’arrière saison qui commence ça doit être magnifique de se faire des ballades à moto… je t’en souhaite une prochaine très très rapidement!

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