Semaine de m…
6 04 2008Bon, presque une semaine de silence, avec de bonnes - ou mauvaises! - raisons. À vous de juger.
Lundi, vous le savez par le précédent billet, Dame Cléo nous a quitté. Rude journée s’il s’en fut une. Mardi, journée boulot - évidemment! - et à me remettre des émotions de la veille. Je remarque un léger enflement aux ganglions, du côté droit, mais ce n’est pas très douloureux, alors je me dis que ça va passer.
Mercredi, petite douleur est devenue grande: je peux à peine me toucher le cou du côté droit et la douleur se propage à l’oreille droite et la tempe. Ayoye! C’est à un point tel que j’appelle Isa au bureau. Elle rentre et l’on se rend en taxi à l’urgence de l’hôpital St-Luc.
Je vais sauter les étapes descriptives de l’attente, sinon vous en avez pour une vingtaine d’écrans… Donc, passage au triage, où je décris mes symptômes - douleur aux ganglions, à l’oreille, à la tempe. Attente. Finalement, je vois un médecin. Il me demande de décrire mes symptômes. Pourquoi diable nous les demande-t-on au triage si les médecins ne sont pas foutus de lire ce que l’infirmière note au dossier? Bref, le brillantissime docteur en déduit que j’ai une forme de torticoli. Hmm…. C’est vrai qu’il a la réputation d’être celui qui libère la salle d’attente le plus rapidement. Avec des diagnostics pareils, on comprend pourquoi. Je mentionne mon cancer, ma crainte que peut-être il y a plus sérieux aux ganglions. Alors il demande prise de sang, radiographie et scan. Re-attente, avant qu’une charmante infirmière ne procède à la prise de sang et que je file ensuite à la radiographie.
Après les radios, re-re-attente. Changement de quart de travail. Je vois un nouveau médecin, répète mon baratin. Il s’interroge sur ce diagnostic de torticoli, m’examine un peu l’oreille, tâte le cou, et en conclut qu’il s’agit plutôt d’une infection au streptocoque. Prescription de pénicilline et gouttes pour les oreilles, et zou, à la maison. Il mentionne que si ça ne fait pas effet dans les 3 jours, d’arrêter de prendre les médicaments.
Zoom à vendredi. Non seulement les médicaments ne font rien, mais la douleur est carrément intolérable. En matinée, je prends 2 des antimigraines d’Isa, puis quatre 4 pilules d’hydromorphone, puis 2 emtec. Je suis complètement stone, mais aucune diminution de la douleur. Pas question d’en prendre plus, alors j’appelle Isa au bureau. Comme j’ai de plus en plus de pertes d’équilibre, on opte pour l’ambulance pour aller à l’hôpital.
Re-attente, évidemment, avant d’être vue par le Dr C. Jolin. J’ai eu l’occasion de voir à quel point elle est débordée et n’arrête pas une seconde tellement l’urgence est bondée. Pourtant, elle prend le temps de m’écouter, puis de m’examiner en fonction de ce que je lui ai décrit comme problème. Résultat: en pas longtemps, elle détermine que ce n’est certainement pas un torticoli ou une infection au streptocoque, mais plutôt une otite. Pas étonnant que j’aie aussi mal à l’oreille!!
Elle me prescrit donc des antibiotiques nettement mieux adaptés à ce que j’ai, de même que de nouvelles gouttes pour les oreilles. En tout, il m’aura fallu passer plus de 7 heures à l’urgence vendredi pour en arriver là.
Aujourd’hui, 48 heures plus tard, l’oreille est encore sensible, particulièrement quand je tourne la tête, mais rien de comparable à ce que je ressentais vendredi.
Mais en bout de ligne, ce que je me demande, c’est pourquoi il m’aura fallu souffrir pour rien pendant des jours et attendre pendant des heures à l’urgence, pour rencontrer des médecins qui, si l’on regarde à quel point leurs examens étaient sommaires et leurs diagnostics fondés sur à peu près rien de tangible en termes d’examens, auraient tout aussi bien pu lancer des dés sur la table et choisir le bobo de l’heure, question de faire dégager un patient et passer au suivant.
On a beau louer le système de santé public au Québec, et le gouvernement a beau contrer toute tentative de démarrer des cliniques privées pour lesquelles on paierait, en bout de ligne, je paie, par mes taxes et mes impôts, mais de toute évidence, je ne paie pas assez pour avoir, de façon constante et fiable, des soins de qualité. Alors oui, même si je trouverais chiant de payer directement un médecin pour être soigné, si le régime public ne peut m’assurer d’obtenir un traitement de qualité dans des délais raisonnables, alors oui, je préfère encore payer que de souffrir.






Tu as raison: on peut rester perplexe devant le mauvais fonctionnement du système et le manque de performance des personnes en charge…
Mais pour qui souffre, là aussi tu as raison, c’est doublement intolérable!
Heureusement l’horizon s’éclaircit!
ouch! alors là tu as dû douiller! Quelle semaine, effectivement!
…bon alors je te souhaite une nouvelle semaine genre à l’opposé de la précédente
Je déteste les hôpitaux
et pourtant que ferait-on sans eux… soupir.