Je-m’en-foutisme hospitalier
Publié dans Au quotidien, Santé, le 07/02/2008 à 12:50, par BenoitMon avant-midi était bien planifiée. Je me pointais à l’hôpital avec Isa, je subissais une gastroscopie sous sédation, puis je rentrais à la maison. Rien de bien complexe… Erreur!
J’arrive à l’hôpital - à 8h50 - pour ma gastroscopie. Mon rendez-vous étant à 9h10, tout va bien. Comme je suis en avance, j’en profite pour passer à la radiologie, question de faire annuler un rendez-vous pour un examen devant avoir lieu la semaine prochaine dont je n’ai plus besoin. On enregistre l’annulation et - surprise! - on m’informe que j’ai aussi un rendez-vous ce matin, à 11h10, pour mes scans. Normalement j’aurais dû recevoir un avis par courrier, mais non, rien reçu. Si je n’étais pas passé ce matin, tout à fait par hasard, j’aurais raté ce rendez-vous! Et pourtant, quand je dois m’y présenter pour demander un rendez-vous, on est incapable de me le donner verbalement, jugeant sans doute que la poste est plus fiable…
Je me dis que j’ai de la chance puisque ma gastroscopie est prévue pour 9h10. Je monte donc au département de gastroentérologie. La réceptionniste a une mine aussi sympatique qu’un douanier américain ou un percepteur d’impôt.
«Bonjour, j’ai rendez-vous à 9h10.»
«Avec quel docteur?»
«Le docteur Boivin.»
«Le docteur Boivin… Non, vous allez voir le docteur Lahaie. Allez vous asseoir dans la salle d’attente, on va vous appeler.»
Immense envie de lui dire qu’elle n’a pas à s’inquiéter: si elle esquisse un sourire, ça ne va pas lui casser la machoire….
Un patient…
Un préposé entendu dans le corridor: «C’est pour ça qu’on appelle ça un patient, il faut être patient.» Irritant rappel s’il en est un. Après une heure et demie d’attente, une infirmière arrive dans la salle d’attente et appelle deux noms: le mien et une jeune femme. Elle nous amène dans une salle et nous explique la procédure, indiquant notamment qu’il n’y aura qu’une anesthésie locale de la gorge. Quand je lui dis que le docteur m’avait parlé de sédation, elle me dit qu’on ne fait plus ça. Je lui explique que j’ai déjà eu des gastroscopies dans le passé et qu’elles ont été pénibles. Je préférerais une sédation. Devant une autre personne - chapeau pour le respect du patient et de l’intimité! - elle me fait sentir comme un peureux incapable de subir une toute petite intervention. Bref, on signe des papiers et retour à la salle d’attente.
Peu de temps après, la jeune femme est appelée à nouveau. Bizarre, elle est pourtant arrivée après moi. Enfin, moins de 10 minutes après, je la vois repartir en vitesse, les yeux pleurant et ravalant difficilement. Évidemment, quand on vous fout un tuyau dans la gueule jusqu’aux tripes, avec le réflexe que ça déclenche et qui vous donne le goût de régurgiter, et qu’on continue d’insérer ça jusqu’à ce que l’on puisse voir votre estomac, ben ça vous fait aussi pleurer, par réflexe, par étouffement. Et c’est tellement agréable d’être couché sur le côté, à baver sur une serviette avec l’inpression de gerber vos tripes pendant qu’on vous dit de relaxer…
Le hic, c’est qu’il est maintenant 11 heures, alors je me présente à l’accueil, expliquant que j’ai des scans dans 10 minutes.
«Vous auriez dû nous le dire!»
Les foutus scans sont dans le même hôpital, pas sur une autre planète! Quand ils consultent mon dossier à l’ordi pour voir mon rendez-vous du matin, je dois deviner que leur système informatique est si mal foutu qu’il n’affiche pas quoi que ce soit concernant un autre rendez-vous, le même jour, à quelques heures d’invervalle? Méchant progrès technologique!
Bref, on remet le rendez-vous pour la gastroscopie à mardi matin, 10 heures. Et, en insistant, on me dit que je peux avoir la sédation si je veux. Je n’aurai qu’à demander une «pré-med». Mais on insiste sur le fait que je devrai être accompagné, ne pas conduire, et sur le fait que je ne serai pas pleinement fonctionnel pendant les prochaines 24 heures.
Et pourquoi donc suis-je allé à ce rendez-vous en taxi, accompagné? Parce que j’en ai ras-le-bol d’avoir mal. Est-ce si crissement difficile que ça à comprendre pour des gens qui travaillent dans un hôpital?
Heureusement - Dieu merci! - ma visite se termine par mes scans. En radiologie, je suis accueilli avec un sourire, je blague avec le personnel, je passe mes scans, entouré de personnel qui sourit, écoute, bref un personnel comme j’aimerais en trouver dans tous les services par lesquels je dois passer à l’hôpital. Avant de partir, je leur ai dit «je ne sais pas quelle maladie vous avez attrapé pour sourire ainsi aux patients, mais ça serait drôlement bien que vous vous promeniez ailleurs dans l’hôpital. Peut-être qu’il y en aurait d’autres qui pourraient l’attraper!»
Parce qu’un sourire et un minimum d’empathie, ça humanise tellement tout le système. On peut toujours rêver…
07/02/2008 à 2:24 pm
Effarant! Kafkaïen!
Si ce n’était pas raconté par toi, on aurait peine à le croire…
07/02/2008 à 7:07 pm
Ça fait vraiment peur !! D’autant plus qu’il n’y a pas d’autres choix que de subir…
Finalement, c’est aller à l’hôpital qui rend malade !
On te soutient!
12/02/2008 à 5:06 pm
enfin, mais non je ne comprends pas pourquoi les patients sont aussi mal traités, ce n’est pas possible. Au delà des compétences “scientifiques”, on ne leur apprend pas que le relationnel a son minimum d’importance? Que ce soit dans le milieu médical ou ailleurs, bourdel! C’est révoltant de constater que dans les moments les plus angoissants, le service minimum d’ “humanité” n’est pas assuré… pffff!
24/02/2008 à 8:37 pm
J’ai été pris en main pour un cancer du rein au Général Hopital ,Le systeme la bas est tres bon . (Je suis sous Sutent) . Mais j’ai connu de la vraie merde a l’hopital Legardeur pres de chez nous qui m’a fait perdre un an . Ce qui a laissé la chance a mon cancer de se multiplié doublant de volume a tous les trois mois et a attaqué mes gangflions . Meme si je suis jeune 50 ans et sportif depuis toujours avec des bonne habitudes alimentaires et de vie : Je suis condamné car mes chances de guérisons sont maintenant tres faibles . Pas agréable d’etre si mal servi pres de chez soi …
25/02/2008 à 9:59 pm
a Marcel vous fait reference au Mass. General Hospital a Boston , parce que moi aussi j’ai etait opere la bas cet ete , loin de tout ma famille , mais l’ effort a etait recompense, apres un mauvaise prognostique , une biopsie san sucess dans un hopital a Montreal et plusiers mois sans aucun reponse, j’ai prise la decision de traverse la frontier et voila tout est sorti bien pour moi ,rendes vous uns aupres les autres
dans le mois suivante apres mon premier reencontre avec le specialiste j’ai etait dans la salle des operations. et a vous Benoit tous les bon energie et bon courage , merci pour pouvoir nous laisser ecrire notre comentaries et avoir pu compartir toutes votre experiencie qui ont etait tres utiles et encourangents dans mes pires moment