Avec le temps, on apprend!
Publié dans Santé, le 29/08/2007 à 8:01, par BenoitVivre avec un cancer dit «incurable», c’est - comme je l’ai dit à plusieurs reprises - tout un apprentissage. Dernière leçon, découlant de mes derniers scans: le status quo n’est pas une mauvaise chose! Ça demande un peu de boulot pour assimiler le concept.
Résumons: au cours de la dernière semaine, après avoir contacté mon oncologue pour obtenir les résultats de mes derniers scans, je reçois en réponse un courriel dans lequel il exprime sa satisfaction, les scans montrant que mes trois métastases osseuses sont stables. Pas de croissance, pas de régression. Ouais, bon. Youppi. Merde. Bof…
Ça m’a bien pris une semaine pour avaler l’info, pour y trouver effectivement une bonne nouvelle. Le «Youppi. Merde. Bof…», c’était la semaine dernière, mercredi pour être précis. Youppi parce que cette saleté n’a pas progressé; Merde parce qu’elle n’a pas régressé; Bof parce que ça veut dire que le traitement et la flopée d’effets secondaires continuent.
Alors, comment est-ce que ça devient une bonne nouvelle? Comme pour bien des choses, en prenant du recul, en remettant en perspective. Par exemple, en me rappelant qu’au départ, le cancer dont je suis atteint est encore qualifié d’incurable. Quand on arrête la progression de quelque chose qui n’est pas sensé s’arrêter, c’est une bonne nouvelle!
Ensuite, les effets secondaires, aussi chiants (c’est le cas de le dire!) soient-ils, sont mieux contrôlés depuis quelques semaines. Certes, ils peuvent m’occasionner des moments pénibles, mais dans l’ensemble, j’ai repris de plus en plus au cours du dernier mois une vie que l’on peut qualifier de «normale». Pour la première fois depuis un an, il y a plein de moments au cours desquels je n’ai pas le cancer à l’esprit. Ce n’est pas un hasard; je sais exactement quand le déclic s’est produit: le jour où j’ai enfin atteint un objectif que je m’étais donné en début d’été: remonter à moto.
Il y en a plusieurs qui ne pourront probablement pas comprendre, soit parce que la moto ne leur dit rien, leur fait peur, les laisse indifférents. Ce n’est pas plus mal.
Pour moi, c’est un rêve qui a été là pendant des années, et dès que je m’y suis finalement mis - il y a près de 3 ans maintenant - ça s’est transformé en passion ou, plus précisément, ça a finalement donné corps à une passion qui sommeillait depuis je ne sais trop combien d’années. Probablement près d’une quarantaine, quand - enfant - un oncle m’avait laissé conduire son scooter dans le stationnement d’une église, quand j’étais en visite chez mon parrain.
Ce n’est pas une question de vitesse, ni de folie. C’est le plaisir de rouler sur deux roues, d’explorer plein de coins sans que ce soit dans une boîte fermée, c’est toutes les sensations d’une route de campagne sinueuse à souhait, la fluidité dans les courbes, le vent dans le visage, les odeurs… Un bonheur dès l’instant où je démarre la moto.
Alors oui, des scans stables, c’est une excellente nouvelle. Parce que la bête est maintenue en bride, et parce que j’ai la possibilité de vivre mes bonheurs et mes passions, au quotidien.
29/08/2007 à 1:35 pm
WOW!!! que je suis contente pour toi…La moto, tout un remède!!! Même si je t’ai manqué à tes visites à Place des Saules les dernières semaines, je te lis et là..un beau frisson de joie en te lisant aujourd’hui!
Effectivement la moto est jusqu’à date pour moi aussi le meilleur moyen d’évasion et sentiment de vivre pleinement que j’ai trouvé et il semble qu’on partage ce sentiment…
Au plaisir de te revoir sous peu!
Grosse bise!
Lolobee
29/08/2007 à 4:48 pm
chacun son truc pour ne pas toujours penser à l’autre naze” !!!
moi c’est le rugby !! la saison recommence et la coupe du monde va debuter dans 8 jours !!
et pendant ce temps on gamberge moins !!!
30/08/2007 à 5:30 am
Ce sont des bonnes nouvelles en effet, et je souhaite que le temps reste au beau pour que vous puissiez continuer vos balades en moto, et vous renforcer avant l’hiver. Continuez sur votre lancée et gardez votre courage, cela est une grande part de votre réussite.
Bravo et poursuivez sans lâcher!
30/08/2007 à 9:18 am
J’aime toujours bien ce que tu écris Benoit. Me revoilà après quelques interruptions dûes à des petits problèmes de…..”pieds”moi aussi:) Double entorse grave, une à chaque pieds….Je commence la rééduc, et il fait beau alors tout va bien.
Tu écris Youpi merde boff : on peut sigler ça : YMB…C’est un bon résumé de nombreuses situations que l’on vit au quotidien non? Etre réaliste, optimiste ou défaitiste telle est bien souvent la question qui nous est posé par ce qui nous arrive. Toi, tu fais le bon choix, d’une réalité objective et surtout, tu accentues le Youpiiii avec le plaisir retrouvé de la moto. Du coup tu fais pencher le plateau de la balance du côté qui donne de l’énergie.
Bon courage à toi et biz à Isa
02/09/2007 à 11:32 am
Bonjour, M.Bisson
Je vous ai vu dans le journal et à l’hôpital St-Luc.
Mon mari a un cancer du rein tres sérieux. C’est le dr. Perrotte qui le soigne depuis 5 mois. Ce n’est pas facile pour nous. J’aimerais beaucoup parler avec vous.
J’aimerais beaucoup que vous m’appeliez pour qu’on puisse discuter de nos difficultés.
Merci beaucoup pour votre attention,
Claire Boulay
02/09/2007 à 1:11 pm
Mme Boulay, ça m’a fait plaisir de vous parler. J’ai enlevé votre numéro de téléphone du commentaire, question que de petits farceurs n’en profitent pas pour vous importuner.
Au plaisir de vous rencontrer prochainement! On pourra jaser plus à l’aise qu’au téléphone.
06/09/2007 à 7:29 am
Je ne sais pas si vous croyez en Dieu, mais si j’étais dans votre situation, croyant ou non, je t’enterrais peut-être un pélérinage dans un lieu Saint comme Lourdes dans le sud de la France.
La question en fait n’est pas vraiment de savoir comment, pourquoi… vous avez cette maladie, ni si tel ou tel Dieu ou Saint existe et peut vous la soigner.
Tout autour de nous est scientifiquement et spirituellement (pour une fois que les deux sont d’accord autant y accorder crédit) énergie. Il est prouvé que le corps humain dégage des ondes, des énergies souvent connues sous les termes de corps éthérique et aura…
Quand on vit un cancer incurable, et qu’il est médicalement impossible de le guérir, qu’il ne reste éventuellement que des traitements pouvant le retarder… Peut-être faut-il en parallèle essayer d’attirer à soit une énergie positive qui pourra réequilibrer la balance…
Beaucoup de cultures et religions appèle cela prier ou méditer.
Quoi qu’il en soit, il n’a pas été démontrer, ni démentit que la foi ou la spiritualité peuvent ou non interférer sur l’état physique d’un corps dans des maladies graves… Mais l’on sait que la psycologie d’un être humain, plus précisément son esprit, interfèrent parfois directement sur le corps, en provoquant des migraines lorsqu’on est stressé…
Dans cette voie, il est crédible de dire que l’âme et le corps sont intrinsèquement liés…
Je vous conseillerais de concentrer votre énergie psychique sur ce problème. Parfois le mot miracle à ses raison d’être…
Si vous n’y croyez pas, alors penser plutôt atomes, photons, particules et toutes ses petites parcelles qui composent notre corps et influent dessus.
Sinon, je dois dire que la mort en soit n’est qu’un palier. Beaucoup de gens n’ont pas peur de mourir car deux possibilités s’offrent à eux :
- à leur décès ils deviennent néant donc n’ont aucune conscience de leur état
- ils voguent vers un autre état éthérique (on parle communément de paradis, mais la vie après la mort peut-être plus large, comme aller dans une autre dimension…).
L’âme est vouée à vivre une succession d’états. Dites-vous alors que si votre maladie conduit à votre fin de vie actuelle, elle vous conduiera peut-être à une vie meilleure autre part…
Et la maladie incurable, si souvent crainte, haïe et décriée, reste tout de même une expérience de vie intense et inexplicable.
L’introspection qu’un malade fait sur soit dans ce genre de cas est riche en découvertes, compréhension, questionnements et sagesse.
Bien à vous
13/10/2007 à 5:03 pm
Je te l’ai déjà dit : “mieux motard que jamais” ; 25 motos, c’est ma thérapie ; ceci étant je suis tellement atteint d’arthrose que je suis passé de (25 000km) à (4 000km)/an ; mais j’enfourche ma bécane 330j sur 365j et le fait de réduire la vitesse, le kilométrage, j’ai retrouvé l’essence même de ma 1ère virée, la liberté, les petites routes de campagne, l’odeur de la bouse de vache que je préfère à celle des camions, et même qd il fait fort froid, la chaleur d’un lampadaire à l’arrêt ; bref, i’m alive, born to be alive, my heart will go on, je respire
V à toi Benoît, on s’est compris !^^