Coureur de fond
9 07 2007Après 13 mois à composer avec le cancer, force est de reconnaître que je commence à tirer de la patte. Ça use, méchamment.
Je ne peux pas dire que les choses vont de mal en pis, car ce n’est pas le cas. Je me suis très bien remis de mon opération. Les effets secondaires du Nexavar sont présents, mais plutôt stables: douleur omniprésente, mais d’une intensité variable de jour en jour, aux pieds, diarrhée et légères nausées en permanence. On compose avec.
Ce qui est plus difficile à cerner, c’est la fatigue.
Une fatigue physique, du genre qui requiert des siestes quotidiennes, qui m’empêche de faire des journées complètes de boulot, même si j’en ai envie. Je pense qu’une bonne partie de ça vient du fait que je mange moins et que j’ai perdu du poids, moi qui n’en avait pourtant déjà pas trop! Entre les nausées et l’absence d’exercice, difficile de trouver l’appétit…
Sauf que là, disons qu’un regard dans la glace m’a un peu trop permis de voir mes côtes, ce que je n’avais pas remarqué avant, ou pas voulu voir. Alors il va falloir que je me botte sérieusement le cul pour faire de l’exercice, faire des trucs qui creusent l’appétit. Sinon, je cours après le trouble…
Fatigue psychologique aussi. Les tracasseries financières, l’effort requis pour faire quoi que ce soit, ça gruge. Beaucoup. Il y a de ces matins où c’est fou ce que ça demande de volonté de se lever, s’habiller, faire quelque chose, mettre un pied devant l’autre…
Oui, il y a de ces jours où l’on se demande pourquoi. Pourquoi faire tout ça? Et je n’ai pas de belle réponse toute faite. Je sais juste qu’il faut que je le fasse.






La réponse, c’est qu’il y a tout près de toi ou plus loin (mais c’est tout comme) des gens qui t’aiment… Et qui ont envie que tu continues le combat, même si cette lutte de tous les instants paraît parfois usante, parce qu’ils souhaitent te retrouver bientôt en complète bonne forme.
Patience et persévérance! — ceux que je connais, qui sont passés par là, disent que ça prend du temps — : je sais, il est plus facile de distribuer des encouragements que de vivre les em… au quotidien!
En tous cas, tu as raison de te booster pour reprendre du poids. Laisse-toi tenter par les talents “marmiton” d’Isa, et pratique sans modération l’auto-suggestion.
Nous sommes AVEC toi/vous en pensée très proche…
Bonjour Benoît,
Je crois que la fatigue, c’est la manifestation d’une activité trop longtemps soutenue. Pour retrouver de l’énergie, ce n’est pas nécessairement ne rien faire qui aidera, mais plutôt faire une activité “contraire”. Un travailleur physique appréciera retrouver de l’énergie en regardant un livre ou en lisant un film, un travailleur intellectuel retrouvera de l’énergie en faisant du sport.
Voilà maintenant plus d’un an que de toutes les manières possibles tu es en combat contre ton cancer. Peut-être que privilégier des activités plus pacifiques et moins sollicitantes dans ce combat pourrait te donner une énergie qui te revitaliserait justement dans ce combat. Si tu veux faire du sport pour te refaire les côtes, c’est toujours le combat (d’ailleurs tu parles de “te donner un coup de pied au cul”, donc tu te forces, tu continues a te mobiliser constamment dans ce combat). Peut-être que faire un peu de sport pour le plaisir d’en faire (même si ce sport c’est la pétanque) te redonnerai de l’énergie vitale pour te mobiliser dans ton combat. Tu devrais définir des plages horaires où tu te gâtes. Tu te fais plaisir pour retrouver de l’énergie qui te sera utile dans ce combat.
D’ailleurs, l’issue de ce combat est incertaine. Peut-être le cancer l’emportera. Peut-être tu l’emporteras. Dans le cas où tu l’emportes, avoir eu des plages de temps et d’activités pour toi (et pas pour ton combat) te donnera encore plus d’énergie dans ton combat et de chances de le gagner. Et si tu ne l’emportes pas (ce qui même si c’est une éventualité révoltante elle ne doit pas pour autant être taboue), tu auras pris le temps de mettre à profit ta vie.
Il y a des gens qui n’ont pas de cancer, mais qui se tuent au boulot dans des boulots qu’ils n’aiment même pas, le faisant juste pour survivre, et ceci sans avoir jamais pris le temps de vivre. Je crois que toi tu as le droit à ce luxe-là : prendre le temps de vivre, quelques minutes, quelques heures, entre chaque session de combat.
Hmm… Je pense que tu as mis le doigt sur ce que je n’ai pas nécessairement le recul pour voir, Cédric, et je t’en remercie. Vraiment pas bête du tout!
Pour ce qui est de l’éventualité de perdre le combat, elle n’est aucunement tabou. Même pas révoltante en fait. Pas désirée, pas voulue comme issue, mais elle fait partie de la donne, comme tout le reste.
Vive le blog capable de véhiculer un témoignage aussi réconfortant que celui de Cédric !…
Chance de rencontrer une telle chaleur humaine.
Du concentré de tonus pour toi, cher Benoît!
Bye bye, ici, pour les mois du soi-disant été hexagonal.
raaa la fatigue, y’a pas pire truc pour s’attaquer au moral et au reste…
Et je pense qu’en plus des idées et solutions émises pour combattre cette fatigue, comme Cédric le dit, tu as le doit de te laisser vivre entre chaque nouvelle bataille! Non parce que la bataille 24h/24 ça doit être tellement usant…
Allez foutue Fatigue, on va te mettre un quota à ne pas dépasser chez Benoit sous peine de grand courrou de notre part à tous!
Cher Benoît
Grâce aux nouvelles apportées par Micheline et puis les visites sur votre blog nous avons suivi avec admiration et sympathie – au sens anglais du terme – votre dur combat.
Vous êtes arrivé à un stade beaucoup plus encourageant que vous ne croyez : vous vous êtes bien remis de l’opération et vous supportez la chimio.
Pourrais-je vous suggérer quelques petites choses qui ont aidé Georges dans sa propre lutte : si vous n’êtes pas déjà ‘bourré’ de vitamines, prenez-en. Connaissez-vous le Bio Quinone Q10 pour mieux supporter la fatigue ?
Le lactobacillus pour combattre les diarrhées. Suivez-vous le régime BRAT (banana – rice – apple – toast and tea) pour combattre le même problème ?
Georges a aussi suivi des séances d’acupuncture qui lui ont fait le plus grand bien. Attention toutefois à bien choisir le spécialiste.
Nous faisions aussi des promenades courtes mais fréquentes dans un environnement que Georges aimait tout particulièrement. Le contact avec la nature est si bénéfique.
Voici donc quelques humbles suggestions. Peut-être pourront-elles vous aider.
Et puis comme dit Micheline, le plus merveilleux médecin est encore bien l’amour de vos proches. Aucun remède n’est aussi souverain que celui-là.
Nous pensons tous les jours à vous et vous embrassons bien fort.
Mina
The ravishings of surgery, followed by chemotherapy with the associated diarrhea and supressed appetite can be combated successfully with the sacred marijuana plant. With all the physical and mental stresses, it is an excellent herbal remedy to your situation. It would return the appetite and help you regain weight, it will encourage you to eat, and it will calm and help center you. This would definitely help you, Ben, and in some parts of Canada Medicianal Marajuana is legal. I am praying long and hard about you and hope nothing but the best for you. Smoke a bowl or two a day, relax and remember - you are loved!
Oh que oui, difficile l’aprés des gros coups, inutile de vous dire de ne pas lâcher! vous nous prouvez que vous êtes courageux mais humain! Comme tout le monde y vas de son conseil je vais en rajouter un, mon frère à pris de la racine de vie après toutes ces chimios, mais il faut toujours contrôler que cela ne soit pas en contradiction avec vos traitements (naturel ne veut pas dire sans incidence) Cela lui a fait beaucoup de bien et il a repris du poil de la bête et doucement il a repris du poids. Quand il se regardait dans le miroir il disait qu’il sortait d’Auswitch et c’était pas peu dire.
Moralement on est tous avec vous et votre famille qui se sent impuissante à vous soulager et à vous aider et pour qui s’est également difficile car on veut, on voudrait et pourtant nous sommes…………..out.
Amicalement et encore bravo pour toutes vos analyses.