Hier, dermato. Aujourd’hui, scan.
Publié dans Santé, le 30/05/2007 à 6:35, par BenoitHier, visite - remise de la semaine dernière - chez la dermatologue. J’ai eu droit à une session photo avec le photographe médical de l’hôpital de tous mes bobos: torse, dos et bras recouverts d’acnée, apparue lors de l’arrêt du traitement pour mon opération. Visage, changé depuis la première phase du traitement, un effet secondaire qui était alors non-documenté. Pieds, toujours les premiers touchés, le fameux syndrome mains-pieds.
Outre les photos, on reprend le suivi ponctuel aux deux semaines. Entretemps, c’est l’application quotidienne de crèmes et onguents. Il ne me reste plus qu’à avoir la discipline personnelle pour le faire ponctuellement au quotidien, deux fois par jour. J’ai pu constater encore une fois à quel point on joue un jeu d’équilibriste à travers une tempête de médicaments. Arriver à utiliser ce qui peut me donner la meilleure qualité de vie possible dans les circonstances, sans augmenter les risques d’attraper autre chose ou de diminuer l’effet du médicament principal - le Nexavar.
Je l’ai déjà dit et je le répète: j’aime beaucoup ma dermatologue, le Dr. Nathalie Provost. J’aime les gens qui me donne l’heure juste, qui ne me promettent pas la lune. J’aime le fait que malgré un horaire démentiel, quand je suis avec elle, j’ai toute son attention, j’ai des réponses à mes questions. Et j’ai des sourires. C’est important les sourires.
Ce matin, visite au département de radiologie. Une autre session de scans, torse et abdo-pelvien, question de voir ce qui s’est passé depuis l’arrêt du traitement, la chirurgie et la reprise du traitement. Puis, ce sera l’étape que je déteste plus que tout: l’attente.
30/05/2007 à 10:32 am
Tentez de tenir le coup.
Nous sommes internationalement avec vous.
Facile pour pour moi de dire “tenir le coup”.
En plus de mon message, les oiseaux (ici à Clermont) sont avec vous - ils n’arrêtent pas de chanter, chaque nouvelle aurore.
Je vous suis, si vous voulez bien.
Luttez. Revenez vers la vie, en dépit de tout le reste.
Luttez. Beaucoup vous attendent. Vous nous donnez un exemple d’extrême courage.
Robert
30/05/2007 à 10:50 am
Vous écrivez “Visage changé”: et moi de même, malgré à cette date (58 ans le 5 juin) bien des cheveux gris.
Tentez de LUTTER. Revenez vers nous.
C’est facile à aligner. Mais beaucoup dépendent de vous. Dont, de façon très périphérique, mais aussi de manière extrêmement sincère, moi-même.
Très sincèrment
Robert
30/05/2007 à 3:34 pm
Merci donc au Dr Provost pour t’apporter la sincérité et l’humanité nécessaire dans ces rapports “médicaux”
L’attente, on va la vivre avec vous! Promis, juré!
31/05/2007 à 11:08 am
Robert (vous permettez que je vous appelle Robert?), merci encore une fois de vos bons mots. Et bien sûr que vous pouvez me suivre, la porte est grande ouverte et je suis généralement de disposition assez agréable.
Je vais par contre clarifier une ou deux choses, si vous me le permettez. Vous dites «Luttez. Revenez vers la vie». Je ne l’ai jamais quittée! Ce que je vis, c’est aussi la vie, pas nécessairement sous son plus beau jour, mais la vie tout de même.
Vous dites aussi «tentez de lutter». Il faudra que j’y repense, mais de prime abord, je dirais que c’est impossible dans mon cas. Je ne peux pas tenter de lutter: soit je lutte, soit je baisse les bras. Lorsque l’on est atteint d’un cancer soit-disant incurable, il n’y a pas le luxe de la demi-mesure. Soit on fait de multiples actes de foi - en soi, en la médecine, en la force du mental, en la vie -, soit on se résigne.
Alors il peut bien y avoir des hauts et des bas, physiques et psychologiques, mais une chose ne change pas: la conviction que je vais vaincre cette merde. Il n’y a que de cette façon, selon moi, que je peux, jour après jour, m’infliger volontairement la torture qu’imposent les médicaments, voir les ravages que subit le corps.
Le fait que je me lève chaque matin, que je prenne mes médicaments, que j’occupe ma journée, que je prenne mes médicaments le soir, il y en a qui disent que c’est du courage. J’ai beaucoup de misère à y voir du courage. Ce que j’y vois, c’est tout simplement le fait de vivre, avec tout ce que la vie peut nous balancer dans la gueule.