Pessimiste? Non!

Étrangement, le billet d’hier a été perçu par certains comme étant pessimiste et déprimant. Comme quoi la perception de l’écrit varie énormément d’un individu à l’autre. :)

Pourtant, l’intention derrière l’écrit était plutôt une note positive. Gagner une guerre ne signifie pas automatiquement exterminer l’ennemi (bon, c’est certain qu’aux bulletins de nouvelles, on en voit plein qui pensent que c’est effectivement ce qui se fait, mais quand même!). Dans mon cas, je ne crois pas moins à la victoire qu’il y a 8-9 mois. De dire que j’accepte le fait qu’il restera bien toujours quelques cellules cancéreuses dans mon système n’est pas une reddition. Je dirais plutôt que c’est une question de lucidité, tout simplement.

Entre une présence passive et une présence active, il y a une marge! Le fait de reconnaître que le cancer restera présent, ne serait-ce que sous forme microscopique et inactive, constitue selon moi une étape obligatoire d’acceptation. Pas une acceptation de la mort ou d’une existence de malade jusqu’à la fin de mes jours, une acceptation de la présence de ces cellules. Rien de plus, rien de moins.

À partir de là, je dirais que j’ai probablement plus de chance de vivre encore des années que beaucoup d’autres personnes de mon âge. Je devrais me soumettre à un suivi médical régulier jusqu’à la fin de mes jours, une chose que bien des personnes dites «en santé» omettent de faire. On pense toujours que l’on va bien, alors pourquoi aller subir des tests de dépistage de quoi que ce soit ou même une évaluation médicale? Dans mon cas, n’eut été de ce calcul rénal en juin dernier, je n’avais absolument pas l’intention d’aller chez le médecin.

Maintenant, entre le traitement et la chirurgie, les traces visibles du cancer sont en voie d’être éliminées. D’ici un an, sa présence active ne devrait plus être qu’un souvenir. Après, ce sera la vie, tout simplement. Et les suivis. Tout le travail que l’on a à faire, psychologiquement parlant, lorsque l’on est atteint de cette maladie, consiste à comprendre suffisamment la situation pour en arriver à ne pas la voir comme une inévitable épée de Damoclès qui va frapper un jour. Le plus difficile, c’est de croire que la normalité reviendra. Et pour y croire, on n’a pas d’autre choix que d’accepter la présence du cancer. Notez la nuance, c’est elle qui importe: accepter sa présence, pas qu’il soit actif.

Alors oui, on est cancéreux comme on a un haut taux de cholestérol ou plein d’autres choses. Et ça se contrôle, comme tout le reste. Et l’on a une vie, comme tout le monde.

Une fois que l’on comprend ça, on peut consacrer ses énergies à retrouver la forme, à se battre pendant les périodes où la maladie est active, et à vivre - tout simplement - le reste du temps. Comme tout le monde. :-)

 

4 Commentaires

  1. Bravo pour l’analyse très juste. Un de mes frères qui est en rémission est très bien suivi. Le plus dure APRES a été moral, ne pas se considérer comme malade sans espoir, mais comme une personne qui a une maladie qui demande un suivi comme toute maladie permanente.

    Souvent en riant je dis que grâce au suivi ils nous enterrera tous, sauf moi, puisque étant rentré dans le suivi oncologique j’ai toutes mes chances.

    Encore un grand BRAVO. ET QUE LE 1ER Mai vous apporte le bonheur à vous et votre famille, même si on ne trouve pas de muguet à cette époque au Quebec.

  2. mich de france

    Je rejoins de tout coeur les propos de Léa, dans son approbation de ton analyse si lucide et mesurée aussi bien que dans l’optimisme de son message.
    Oui, que le muguet du 1er Mai soit porteur pour toit et Isd’espoir et de bonheur!

  3. Merci Léa! Je commençais à croire que j’étais incapable de formuler clairement par écrit ce que tu as compris de mon billet. :-)

    C’est exactement ça: une maladie permanente, soit, mais qui en bout de ligne se gère comme toute autre et n’est aucunement un arrêt de mort en soi. Même que potentiellement, parce que le suivi sera plus rigoureux que pour monsieur-tout-le-monde, il y a effectivement bien des chances pour que je reste en meilleure santé plus longtemps. :-)

  4. Je pense que ton approche “positivement réaliste” (si ça veut dire quelque chose ;-) a un rôle très important dans ce combat du cancer. Et j’imagine qu’on n’arrive pas à de telles conclusions/perspectives en 2 jours. J’espère que beaucoup qui vivent avec le cancer viendront à te lire, je suis sûre que ton expérience peut les aider énormément!
    Je te souhaite un joli mois de Mai :)

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