PR-101, ou «Si les relationnistes savaient…»
28 03 2007Journée de boulot bien remplie aujourd’hui, plein de textes avancés ou complétés, et pas mal de recherches effectuées. Alors que je prends une pause, je jette un oeil à ce qui est fait et je constate que, pour la majeure partie des sujets sur lesquels j’ai écrit, j’ai dû relancer les responsables des relations publiques de différentes boîtes. Pourquoi? Parce que, malheureusement, ils semblent mettre plus d’effort à la rédaction d’un texte présentant leur produit comme étant «le plus beau, le plus bon, le meilleur!» qu’à penser deux secondes et quart à ce dont un journaliste dans un média imprimé peut avoir besoin.
Quelques exemples…
Côté jeux
Je reçois un communiqué m’informant de la sortie de la nouvelle version de la console Xbox 360 Elite. C’est bien, ça cadre parfaitement dans ma chronique jeux.
Mais est-ce que le communiqué contient un lien vers une image haute résolution du produit? Que nenni!
Donc, retour de courriel à la relationniste pour en faire la demande. La réponse ne tarde pas: pas d’image haute résolution de disponible, alors j’en reçoit une à 72dpi. Pratique quand on sait que j’ai besoin d’une résolution de 300dpi pour fins de publication dans un magazine!
Difficile aussi d’imaginer quelle lumière chez Microsoft n’est pas foutue de comprendre que dans les magazines, ça prend des images haute résolution pour accompagner un texte!
Peut-être devraient-ils demander quelques leçons à Nintendo qui a un site média comprenant des images des consoles et accessoires, de même que les boîtiers de jeux et des saisies d’écran de ceux-ci. Parce que chez Nintendo, on a compris que les chroniqueurs qui essaient le jeu, ou la console, n’a pas nécessairement le temps à perdre pour courir après des éléments visuels pour accompagner son texte. Alors on met tout ça en ligne et les journalistes accrédités ont accès au matériel quand bon leur semble. Pas complexe là….
Côté musique
Du côté de l’industrie musicale, ça varie tout autant, allant de «bien pensé» à «démerdez-vous!».
Dans le cas du bien pensé, on reçoit un communiqué nous informant d’un lancement de disque (par exemple), avec le visuel de la pochette en document joint au courriel ou encore un lien vers un site où on peut le télécharger. Dans le meilleur des cas, on reçoit le disque avant le lancement, ce qui nous permet de poser des questions pertinentes à l’artiste. Sinon, on se retrouve à avoir le disque sur place, lors du lancement. On a intérêt alors à vite en lire le livret et à être vite sur le piton.
Dans les cas de «démerdez-vous», on ne fait que recevoir un communiqué nous parlant du disque, pas de visuel, parfois un lien vers de brefs extraits musicaux, mais aucun moyen de l’écouter au complet. Et après, on s’étonne que l’on n’en parle pas…
Les pros
À la quantité de courriels qui entrent chaque jour me faisant part de tel ou tel nouveau disque, jeu, produit techno, je prends généralement le temps de tout regarder, ne serait-ce qu’en diagonale.
Toutefois, avec l’éventail des trucs que j’ai à couvrir, j’avoue que j’apprécie particulièrement les pros, ceux qui prennent le temps de penser à ce que le journaliste qui va recevoir l’information doit faire avec.
Dans mon cas, je dois prendre des textes de communiqués qui font facilement un bon 4500 à 5000 caractères et en tirer 800 à 1000 caractères intégrant l’essentiel de l’information. Ensuite, je dois trouver du visuel. S’il m’est fourni d’emblée, c’est un bon point! Sinon, je tenterai de l’obtenir si j’ai le temps avant ma tombée, sinon je choisirai un autre produit.
Dans le cas d’un jeu, c’est gentil un communiqué, mais j’écris sur les jeux que j’essaie. Alors, comme je n’ai pas encore trouvé le moyen de glisser un communiqué dans ma console et de jouer avec, pensez à envoyer le jeu.
De plus, j’ai aussi besoin du visuel de la pochette du jeu. J’imagine que la compagnie produisant ledit jeu doit bien l’avoir en format numérique, alors pourquoi ne pas m’en faire parvenir tout de suite une copie (ou m’y donner accès sur le Web)? Je n’aimerai pas plus votre produit si je dois vous courir après pour avoir ce qu’il me faut pour en parler!
Dans le cas de l’industrie musicale, c’est un peu pareil. Je ne peux pas vraiment parler de quelque chose que je n’ai pas entendu. Et un extrait de 30 ou 45 secondes ne me suffit pas, alors aussi bien me filer le disque d’entrée de jeu. Ça me sauvera du temps. Et pour la pochette, il me faut le visuel!
Tout ça, c’est l’évidence même quand on travaille dans le milieu. Alors, ce que j’aimerais vraiment savoir c’est pourquoi il y en a encore - et pas des plus petits! - qui ne semblent pas encore l’avoir compris.






Le monde est peuplé d’incompétents… Il y en a tout autant chez les relationnistes que dans les magazines (et on connait leurs noms !)
Je pense que le milieu des journalistes culturels a aussi longtemps l’apanage d’un petit groupe de gens qui se connaissaient et qui faisaient ça entre eux, à la bonne franquette. Certains ont oublié que le monde change, et rapidement !
Je connais même une attachée de presse qui n’a pas de cellulaire.
Et encore mieux, je connais même un animateur-comédien qui avoue ne pas savoir se servir d’un ordinateur (donc pas d’internet, pas de courriel) et qui refuse même d’avoir un cellulaire.
Bienvenue au Québec au XXIeme siècle !
Le plus drôle, c’est quand ta blonde fait le même métier et, fréquemment, couvre les mêmes produits. Ce qui me hérisse alors, c’est que l’on me dise un truc du genre «oui, mais je l’ai envoyé à ta blonde. Tu l’as pas vu?»
Non je l’ai pas vu. Ma blonde fait son boulot, et moi le mien. Et si vous faisiez le vôtre?
Croirais-tu, cher Benoît, à un monde parfait ?
Pourquoi les “responsables des relations des relations publiques” échapperaient-ils à la règle commune qui fait que tout un chacun, à de rares exceptions d’idéalistes près, s’occupe de mettre sa précieuse personne en avant, sans se soucier ni des autres ni de leurs besoins.
Et on constate ça, hélas, dans tous les domaines.
Peut-être qu’à la longue porteront leurs fruits les protestations de gens comme toi — qui croient heureusement à autre chose!
Bonne journée “côté jeux”, “côté musique”, “côté pro”….et, surtout, côté PERSO (”blonde” inclusivement).
morte de rire… ça énerve les gens qui se croient pros et qui ne le sont pas. En fait, je me dis que chacun pense à son nombril et fais le minimum. Mais le calcul est vraiment nul car au final, c’est leur produit qui en pâtit. On rencontre cela dans tous les jobs. Peut-être l’expérience venant, ces gens là à 70ans se seront un peu améliorés. La seule chose que l’on peut faire : les tanner, les harceler, les appeler, leur faire une check list, black-lister leurs produits, en parler à moitié en précisant manque d’infos??? A toi de choisir, mais tu vois, je crois qu’en fait, c’est à celui qui s’énerve de démontrer à l’autre ce qu’il doit faire, comme avec un enfant. Bon courage Benoit, pour ça et…pour le reste, on pense à toi.