Voilà déjà quatre mois que j’ai débuté mon traitement, huit mois depuis que j’ai appris que j’étais atteint de cette merdouille qui se nomme cancer. Quand je prends un temps de pause, comme en ce moment, pour y penser, pour faire le décompte du temps écoulé, je me sens comme un protagoniste dans un épisode de la série Au-delà du réel, au moment où il réalise que tout a basculé, que l’univers dans lequel il ou elle se pensait le moindrement en contrôle a totalement basculé.
J’ai effectivement l’impression de regarder un mauvais film quand je pense aux premiers quatre mois, période pendant laquelle je courais frénétiquement après un diagnostic clair. Entre encaisser le choc des mauvaises nouvelles qui se succédaient et apprendre – tant pour moi que pour mes proches – à vivre avec cette nouvelle étiquette, j’avoue que c’était digne d’une pièce de Ionesco. Ça l’est toujours d’ailleurs. Psychologiquement, je réalise avec le recul que cette période fut particulièrement difficile, non pas à cause du diagnostic en soi, mais plutôt à cause du fait que j’étais asymptomatique. C’était toutefois bien minime comparativement à ce qui allait suivre, mais ça, je ne le savais pas encore…
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