États d’âme musicaux

J’ai commencé à rédiger ce billet le 23 décembre, lentement, écoutant et ré-écoutant certaines pièces à travers la période des Fêtes. Aujourd’hui, je le termine. Pour aussi longtemps que je me souvienne, la musique a toujours été pour moi une compagne, une thérapie, une présence bénéfique. Elle est capable de me ramasser en miettes et me remettre sur pied. Elle peut être discrète, douce ambiance d’un moment privilégié, ou hurlante, pour traverser la douleur ou la stupeur. Dans ce radio blog que vous trouvez dans la barre de navigation, je vous présente quelques pièces musicales. D’autres s’y ajouteront au fil du temps. Elles n’y sont pas par hasard. Voici leur raison d’y être…

Daniel Boucher - Le poète des temps gris

Ahhhh, Daniel Boucher! Il est arrivé sur la scène musicale québécoise un peu à la Charlebois (auquel on l’a souvent comparé d’ailleurs) vers la fin des années ‘90, après avoir été grand gagnant du Festival en chanson de Petite-Vallée en 1997, alors qu’il est désigné lauréat de la catégorie auteur-compositeur-interprète, se mérite le Prix du public et le Prix guitare Griffe soulignant la meilleure musicalité, en plus de voir sa pièce La désise primée.

Ce que j’aime de Boucher? Beaucoup sa musique, et beaucoup son talent à créer des images avec les mots. Des images, il y en a plein dans Le poète des temps gris, mais j’adore ce qu’évoquent ces deux lignes:

Barbouilleur de parchemins
Chercheur de lumière

Son poète des temps gris m’apporte souvent le soleil…

Fredericks - Goldman - Jones - À nos actes manqués

J’aurais pu en choisir bien d’autres du trio Fredericks-Goldman-Jones. J’aime la musicalité de Goldman, et les années avec Jones, puis Fredericks, sont parmi celles qui ont donné les pièces que je préfère de lui. Je l’ai découvert à l’époque de Je te donne, au milieu des années 80, et j’ai eu le plaisir de le voir en spectacle au Québec avec… Robert Charlebois. Ça reste un magnifique souvenir de spectacle, par un soir de déluge, au Festival d’été de Québec.

Jim et Bertrand - Welcome soleil

Jim et Bertrand, c’est Jim Corcoran et Bertrand Gosselin, un duo bourré de talents. Tous deux excellents instrumentistes, ils ont marqué l’histoire de la musique du Québec, tout comme les Séguin, en puisant en partie dans notre folklore et notre histoire musicale, et en lui faisant faire un bout de chemin. C’était l’époque du peace and love, des cheveux longs, du p’tit joint. La fin d’une grande noirceur, aussi bien politiquement que musicalement.

La Chicane (Boom Desjardins) - Calvaire

Quatre lignes de texte, quatre lignes que - depuis le 2 juin 2006 - j’ai rechantées ad nauseam, quatre lignes qui me prennent au tripes, encore plus qu’avant:

J’ai d’la misère, oh calvaire!
J’ai du ressentiment dans l’sang
C’est comme la rage dans une cage
Retiens moé, j’me dévore le corps

C’est un exutoire que de le dire, le chanter, le rager. Désolé Boom d’avoir détourné le propos de la chanson, qui - soit dit en passant - est un magnifique cri d’amour.

Michel Rivard - La p’tite vie

Ahhhh, Rivard. Il est déjà passé à l’histoire avec Le phoque en Alaska, mais il y en a tant d’autres! Rivard, c’est l’anti-artifices, le conteur du quotidien, le capteur d’images qui nous ressemblent. Dans sa p’tite vie, il nous dépeint effectivement, et je suis d’accord avec sa conclusion:

La terre est ben plus ronde
Que l’monde qui vit dessus

Paul Piché - L’escalier

Piché. Avec Michel Rivard et Richard Séguin, un autre de mes favoris. L’escalier - la version que je vous présente est tirée du CD double 10ième anniversaire des disques Audiogram La Symphonie du Québec - m’a toujours touché, d’une part à cause de son propos et, d’autre part, à cause de Piché, sa voix, son émotion.

J’vous apprends rien quand j’dis qu’on est rien sans amour
Pour aider l’monde, faut savoir être aimé

Je suis toujours dans mon escalier, et j’apprends toujours…

 

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