30 ans en 3 semaines
Publié dans En vrac, le 31/10/2006 à 10:43, par BenoitPrendre 30 ans en 3 semaines, ce n’est pas rien! C’est en discutant avec Isa qu’on en est arrivé à ce constat. Attention, ce n’est pas non plus aussi dramatique qu’il n’y paraît! Mais c’est le constat qu’avec la combinaison des différents effets secondaires qui sont apparus au cours de cette période, j’en suis pour l’instant réduit à un état de dépendance assez impressionnant.
Je dirais que le premier apprentissage découlant de la maladie a été d’apprendre à demander. L’amour-propre en prend pour son rhume! Pour moi, l’irritant est que mentalement, tout va bien dans la mesure où mes facultés mentales ne sont aucunement affectées, sauf lorsque je dois prendre les plus puissants médicaments pour la douleur qui m’ont été prescrits. Dans ces cas, c’est un peu l’équivalent d’un bon petit buzz après quelques bières, sans plus.
Physiquement, par contre, les effets secondaires du Nexavar concernent essentiellement la peau, du moins dans mon cas. Donc, changement de la texture de la peau, et apparition de plaies, notamment aux pieds et aux mains. À cela s’ajoute des plaies aux différents points de pression du corps. Je m’explique: les endroits où j’avais déjà des faiblesses cutanées - boutons au menton par exemple - sont maintenant des surfaces exacerbées et couvertes de plaies. Idem pour les coudes, sur lesquels je m’appuyais souvent en travaillant à l’ordi. Pour les mains, ce sont les points de pression que l’on ne remarque habituellement même pas: le majeur de la main droite, là où le stylo est appuyé lorsque j’écris, est un bon exemple. Pour les pieds, c’est pareil. Et ces plaies sont suffisamment sensibles pour qu’il soit très douloureux de marcher, tenir un stylo ou une tasse de café, ou même des ustensiles pour manger.
C’est la différence entre l’état psychologique - normal - et l’état physique - amoindri - qui est très bizarre. Je ne vous raconte pas le nombre de fois où, ayant finalement trouvé une position confortable sur mon fauteuil, je décide d’aller me chercher un café et me lève sans y penser. Ouch!
Heureusement, je constate avec les premières plaies, qui sont apparues il y a déjà plusieurs jours, qu’après un certain temps à y appliquer une crème à base de cortisone, la douleur s’estompe même si la marque physique demeure. Ça m’indique, comme je le présumais d’ailleurs, qu’il suffit de tenir le coup, le temps que l’organisme s’habitue et développe une tolérance au traitement et à ses effets secondaires.
Je constate aussi que malgré le fait qu’il existe bien des organismes et fondations offrant des services aux personnes atteintes de cancer, il y a tellement de lacunes et de services de base qui sont soit inexistants, soit difficiles à trouver, soit mal adaptés, que l’on ne peut essentiellement compter que sur nous-même et nos proches pour faire face au quotidien.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’en parle sans pudeur ici, parce que j’ai trouvé ici plus d’interlocuteurs vivant des situations comparables avec qui j’ai pu échanger que n’importe où ailleurs.
03/11/2006 à 5:05 pm
une façon de vous soutenir d’aussi près que possible. humour aussi impressionnant que lucidité et courage. tous nos voeux volent vers vous.
13/11/2006 à 9:40 am
Cher benoit , Savoir demander , en définitive, je trouve que ça apporte beaucoup ! (Moi c’était pas la maladie, mais une situation de détresse et isolement , ben je regrette plus !) ; Pour tes effets secondaires, tu voudrais pas voir un bon phytothérapeuthe ? Huiles essentielles et autres dérivés de plantes aident bien à diminuer les effets secondaires gênants (comme y disent) de ce type de traitements… Bon , enfin… Ce que j’en dis … O-) Plein de bises , en tous cas ! Et des pensées vers toi et les tiens !