Après le silence, le verdict

Ça y est, les derniers résultats sont entrés. La période d’attente et d’incertitude est donc terminée, je sais maintenant avec quelle saleté je me bats: cancer du rein, stade IV. Qu’est-ce que ça signifie? Ça veut dire une tumeur de près de 4 cm au rein gauche, en plus de 2 - possiblement 3 - métastases osseuses. C’est là qu’on sort des expressions comme «incurable» et «prognostic sombre»…

Entre le 2 juin - date où l’on m’a appris que j’avais un cancer - et aujourd’hui, c’est fou tout ce que j’ai pu lire sur cette forme de la maladie et sur les statistiques l’entourant. Heureusement d’ailleurs, parce que si je ne faisais que gober les données entourant le prognostic, j’aurais de quoi sombrer dans une bonne dépression. Les données médianes font état d’une survie moyenne de 17 mois, et le pourcentage de survie sur 5 ans est inférieur à 20 %. Joyeux, non?

Pourtant, il y a beaucoup plus que ça à prendre en considération. D’une part, il y a les nouveaux médicaments - tout récemment autorisés au Canada d’ailleurs - tels que le Sutent et le Nexavar. Bien qu’il n’existe aucune donnée à long terme sur leurs taux de succès dans le traitement de la maladie, les résultats existants sont très encourageants. Bien qu’ils provoquent des effets secondaires assez importants, ils réussissent dans bien des cas à arrêter l’évolution des tumeurs, voire à en provoquer la diminution. D’autre part, il y a l’interprétation qu’il y a à faire des données statistiques. Pour en arriver à un pourcentage de survie, imaginez une courbe graphique, sur laquelle on indique les durées de survie. Pour en arriver à un point médian de 20 %, il y a bien des cas où les décès surviennent plus rapidement, et d’autres où ils surviennent plus tard, beaucoup plus tard. Ça, il ne faut jamais l’oublier.

Dans mon cas, pour l’instant, la chirurgie est exclue. En effet, il y a tumeur au rein gauche, mais aussi des métastases à la 4ième et - possiblement - à la 6ième côte gauche, de même qu’une autre au bassin, du côté droit. Il serait donc impossible de tout enlever chirurgicalement. De plus, cette forme de cancer ne réagit pas à la chimiothérapie. Quant à la radiothérapie, elle est essentiellement utilisée à titre palliatif, c’est à dire si la douleur provoquée par les métastases osseuses devient trop importante, on irradie pour éliminer la douleur, mais sans pour cela détruire les cellules cancéreuses.

Bref, le combat commence. Un combat que j’ai bien l’intention de gagner à l’usure. Si je ne compte pas sur une rémission spontanée - mine de rien, il arrive que de tels cancers disparaissent d’eux mêmes, sans que l’on ne sache pourquoi! - je compte sur une prise de contrôle, grâce aux médicaments, qui mettrons un frein à la maladie. C’est un peu comme le diabétique, ou le sidéen: la maladie est là pour rester, mais ce n’est pas l’agonie ou la mort pour autant!

Pour l’instant, je n’ai toujours aucun symptôme physique, ce qui est plutôt déroutant. L’acceptation de la présence de la maladie demande un sérieux effort mental, puisque celle-ci ne donne aucun signe de sa présence. Je ne m’en plains pas: sans douleur, sans la fatigue qui découle de combattre la douleur, je n’en serai que plus en forme pour faire face aux effets secondaires des médicaments.

En attendant le début du traitement, dans environ 3 semaines, je vais tout de même prendre le temps de consulter quelques autres spécialistes, pas tant pour obtenir confirmation du verdict que pour voir si tous sont du même avis quant au traitement à privilégier. Je vais aussi voir à m’entourer d’autres spécialistes - nutritionniste, psychologue et/ou psychiatre, homéopathe - afin de voir ce que je peux faire pour appuyer le traitement principal.

Mentalement, je me sens mieux maintenant qu’au cours des derniers mois. Avec la certitude vient l’action, la détermination. En sachant ce que j’ai, je peux m’attaquer à un adversaire ciblé plutôt que stresser dans l’attente constante de savoir exactement ce que j’ai.

Alors, quand je me suis levé ce matin, épuisé - la veille de la rencontre avec le médecin avait été marquée d’une nuit d’insomnie - j’ai surtout constaté que la vie est belle. Alors je n’ai pas l’intention de lui tirer ma révérence prochainement, mais alors là, pas du tout!

 

13 Commentaires

  1. Eloignés comme certains d’entre le nous le sommes, ou très proches, je crois qu’on va être un bon paquet à te suivre gravir ce ##%% d’ *Everest* ! Le verdict est tombé, il est cruel, mais maintenant tu sais au moins ce que tu vas combattre.

    En tous cas, tes réactions et l’état d’esprit dont tu fais preuve me semblent déjà une première arme indispensable!

    gros bisous

  2. Avec la volonté et le moral, tu fais déjà la moitié du chemin !

  3. Merci Candy Froggy!

    Et toi, Romuald, tu m’as manqué!

  4. Bon jour Benoît,

    quand j’ai eu 50 ans, je me suis dit je n’ai plus de temps à perdre. Ce matin je te lis et je me dis Benoît n’a plus rien à perdre mais tout à gagner. Je prie pour toi et je te souhaite de gagner ces petites victoires quotidiennes, un jour à la fois. Je t’encourage dans ta démarche pour trouver de l’aide, afin d’améliorer ta santé physique, psychologique et spirituelle. Je te dis merci pour l’aide que tu m’apporte.

    Bon courage.

    Fais-toi une belle journée.

    Midi.

  5. Ce n’est pas que j’ai de l’énergie à revendre, mais je vais t’en envoyer, de temps à autres, par la pensé, pour contribuer à ce que la saleté qui t’a attaqué ne puisse prendre le contrôle. Et je vais demander à ces copains que nous avons en commun, ceux que je rencontre de temps à autres, d’en faire autant, de contribuer eux aussi. À plus forte raison que tu as déployé toutes tes forces pour contrer ton envahisseur.

    Garde le moral !

    Nelson Dumais

  6. Ton moral est source d’ inspiration. J’ajouterai mes pensées à celles de tous les autres qui t’ont également à coeur. Bon courage.

    André Mondoux

  7. Ouais, je me retrouve en bonne compagnie! Content de vous voir passer dans le coin les gars. :) Merci des mots d’encouragement.

    Midi - Je te retourne les remerciements pour l’aide que toi tu m’apportes! Tu es une bonne inspiration et un bon exemple, tu sais. :)

    Nelson et André - Vous me manquez, les gars. Il faudrait bien se retrouver sur une terrasse, avec une bonne bière, et continuer de refaire le monde. Ça fait un méchant bail qu’on ne l’a pas fait!

  8. Benoit,

    Your “joie de vivre” comes through in what you do. You are in my prayers.

    Richard

  9. Un petit mot pour ajouter mes pensées et de l’énergie aux autres! À lire tes textes, je sens que malgré ces nouvelles poches, tu sembles avoir une super attitude. C’est comme ça que je te connnais et que je t’apprécie. Bon courage et à bientôt!

  10. Bonjour Benoit!

    On se connait pas beaucoup mais ton histoire m’a touché….On veut des nouvelles! La gang de Motodirect est derrière toi et on veut savoir où t’en es rendu!

    Tu disais qu’on se débarasseras pas de toi de si tôt….ben là fais signe!! on veut tellement pas se débarrasser toi! Tu nous manques aux Mardis Motos!!

    Bon…fais ta commande….

    Des calins: x0$: 0$ Des ondes positives: x 0$ = 0$ De la présence: x 0$= 0$

    Tout ce que tu veux dans cette liste…cà coute rien et cà fait souvent tellement de bien!

  11. On s’est croisé très peu mais je pense à toi ! J’ai confiance de te lire encore très longtemps ! courage ! tchao

  12. Et depuis le 23 aout , le silence …Dis benoit , comment vas-tu ? Plein de pensées , et j’espère que le mal s’élimine …

  13. bonjour benoit on ne se connais pas mais je te souhaites bon courage et apportes moi des conseils car une amie souffre de la meme maladie que toi merci et comment tu vas

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