Israël: l’art de justifier la démesure
13 07 2006Depuis l’enlèvement d’un soldat israélien dans la bande de Gaza, Israël réplique de façon totalement démesurée. Entre défense légitime et oppression systématique, il y a une marge que l’état hébreu semble franchir allègrement. S’il est incontestable qu’il ne faut pas oublier les tragédies de l’histoire du peuple juif, j’essaie vainement de comprendre comment - aujourd’hui - c’est Israël qui, systématiquement, abuse de sa force au moindre prétexte.
En fait, ce que j’aimerais, c’est comprendre.
L’Histoire est là pour nous apprendre - nous rappeler - comment les juifs ont été parqués dans des ghettos, à Varsovie et ailleurs, comment ils ont été systématiquement opprimés, tués sous prétexte de sécurité nationale ou simplement parce qu’ils étaient juifs.
Si l’on remplace «juif» par «palestinien», si l’on remplace «Varsovie» par «Gaza», un mort n’en demeure-t-il pas moins un mort, une oppression n’en demeure-t-elle pas moins une oppression, un ghetto n’en demeure-t-il pas moins un ghetto?
Hier, ce fut au tour du Liban de subir la démesure israélienne. Deux soldats enlevés, des soldats tués. Inacceptable, soit. Sauf qu’en réplique, c’est tout un pays qu’Israël prend en otage, bombardant l’aéroport, instituant un blocus maritime, tuant jusqu’à maintenant 39 civils, parmi lesquels beaucoup d’enfants.
Un mort est un mort, quelle que soit sa nationalité et sa religion. Jusqu’à maintenant, pour chaque Israélien tué par des attentats en Israël, on peut compter en moyenne 10 morts palestiniens ou plus. Quand, à Varsovie, il y avait une résistance, c’était des héros. Quand, à Gaza, des gens parqués comme du bétail tentent de se défendre contre un oppresseur, ce sont des terroristes. Mais bon, ils ne sont pas juifs. Ils n’avaient pas été, jusqu’à maintenant, victimes d’une tentative de génocide justifié par la sécurité d’état.
L’extermination des juifs par le régime nazi a laissé à tout l’occident un arrière-goût amer. Qu’est-ce que l’on avait fait pour l’empêcher? Rien.
Aujourd’hui, tout l’occident légitimise les actions israéliennes - relents d’un sentiment de culpabilité pour l’histoire passée? - sous prétexte du droit à se défendre. Combien de morts faudra-t-il au juste avant que l’on ne se rende compte qu’un peuple tout aussi légitime dans son droit d’exister que le peuple juif est parqué dans un ghetto et exterminé à petit feu?
Pour que la violence cesse, il faut d’abord que l’Histoire passée cesse d’être un prétexte justifiant tout.






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