Palm Canada, Mobifest et le bilinguisme

14 03 2006

Site MobifestMine de rien, le Canada est un pays supposément bilingue. Alors, quand je reçois un communiqué de presse m’informant que Palm Canada lance Mobifest, un festival de films pour appareils mobiles, je m’attends à ce que ce soit présenté dans les deux langues officielles - anglais et français. En visitant le site officiel du concours, on peut plutôt parler de «français, langue seconde», pour ne pas dire secondaire…

Mobifest françaisLe 1er mars dernier, je reçois un communiqué de presse de l’agence Environics Communications annonçant le lancement de « Palm Mobifest - Canada’s Mobile Film Festival ». Le communiqué brosse un survol du concours, des dates de son déroulement et des modalités de participation, tout en me référant au site Web www.mobifest.ca, tant pour y inscrire des films que pour participer au jugement des films qui seront sélectionnés comme finalistes.

Commanditaires MobifestComme je rédige régulièrement une chronique s’adressant aux jeunes dans un magazine bien connu, je pense que le sujet serait d’intérêt pour mes lecteurs et je me rends donc sur le site. L’accueil est en anglais, mais je constate avec plaisir qu’il y a possibilité de sélectionner « français » comme langue. Parfait. Je clique. Surprise! Je ne me retrouve pas - comme je m’y attendais - sur une version en français du site, mais plutôt face à un document PDF de 4 pages m’expliquant toutes les modalités de participation.

Étonné de cette approche, je contacte l’agence pour savoir pourquoi, en anglais, les participants et le public ont droit à des pages Web et à un site complet, tandis qu’en français, nous n’avons qu’un pdf à consulter, et ensuite l’obligation de naviguer - tant pour participer que pour voir les films soumis - un site Web unilingue anglais. On me dit que l’on va vérifier et me revenir avec une réponse.

Quelques minutes plus tard, coup de fil de l’agence. Il semble que, d’une part, toutes les informations pertinentes sont contenues dans le document pdf et que, d’autre part, il aurait été trop complexe de rendre le site bilingue puisque cela impliquerait de gérer deux bases de données.

Je ne dirai pas que je me suis étouffé sur la réponse, mais presque. Comme je l’indique à la relationniste au bout du fil, il ne faut pas une très grande expertise informatique pour pouvoir demander le nom de participants en anglais et en français, sans avoir à gérer deux bases de données. De toute évidence, cette réponse est sensée me satisfaire, mais je lui demande de pousser plus à fond les questions auprès des responsables du site et de me revenir sur le sujet, ce qu’elle me dit qu’elle fera.

Nous sommes maintenant le 14 mars et je dois avouer que je n’ai reçu aucun coup de fil, aucun suivi. Et le site demeure unilingue anglais, avec un pdf comme seul élément d’information en français.

Public de deuxième classe

Je dois dire que de telles situations m’irritent au plus haut point. Si l’on veut viser le marché du Canada anglais, pas de problème! Par contre, si l’on veut viser avec un produit, un service ou un concours le public québécois, pourquoi n’est-on pas foutu de le faire correctement en français?

Palm semble ne pas vraiment y voir un problème. En effet, si vous visitez le site www.palm.com, vous arrivez à un écran de sélection de pays. Si vous choisissez le Canada, Palm vous amène gentiment à une page unilingue anglaise. Regardez attentivement la page de sélection des pays. La Belgique a droit à un site Palm en français et un site Palm en anglais, mais pas le Canada! Pourtant, le siège social de Palm Canada est à Mississauga, en Ontario. Ce n’est pas aussi loin que le bureau-chef de Sunnyvale en Californie, alors il me semble qu’ils devrait être au courant qu’au Québec, il y a des francophones, non?

Je me demande si des commanditaires de Mobifest tels qu’Air Canada partagent la même vision. Après tout, Air Canada a bien un site bilingue. Remarquez que c’est d’ailleurs le seul des commanditaires à en avoir un. Pour les autres, soit pas de présence Web, soit un unilinguisme anglais uniquement.

Je reconnais volontiers que le Québec n’est pas un marché aussi important démographiquement que la France ou la Belgique, mais il y a un bon nombre de compagnies qui respectent suffisamment la clientèle potentielle et l’identité culturelle francophone d’ici pour faire l’effort du bilinguisme. C’est une question de respect, tout simplement. Un respect qui semble manquer à Palm Canada.


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3 réponses à “Palm Canada, Mobifest et le bilinguisme”

18 03 2006
avanaé (16:46:20) :

Ah , ben c’est rageant , c’est sûr ! Non mais ! A part ça , la forme pour toi ? Amicalement.

24 11 2006
Richard Arel (15:18:38) :

Bonjour eh bien je trouve assez outrageant de m’appercevoir que le site de Palm Canada est seulement en anglais….je viens de me procurere un TREO 700 et j’ai de la difficulté à joindre quelqu’un pour revcevoir des renseignements valables. Eh bien dommage pour nos 6,000,0000 de Québécois. Richard Arel

24 11 2006
Benoit (16:23:09) :

Je me suis permis de poser directement la question à Palm, et si je me fie à leur formulaire en ligne (unilingue anglais), la question devrait être transmise à leur agence de relations publiques au Canada. J’attends donc leur réponse… si réponse il y a.

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