L’agaçant Lagacé…
3 03 2006Le chroniqueur du Journal de Montréal Patrick Lagacé titrait sa chronique Légendes urbaines de l’édition du 2 mars 2006 Pourquoi pas 1500 $ ? Je tiens à le féliciter pour son remarquable sens du «politiquement correct». Louable effort pour endosser ce que n’importe qui avec un ou deux neurones fonctionnels endosserait aussi.
Alors, qu’est-ce qui a bien pu m’irriter au point de prendre le clavier pour écrire une répartie sur mon blog? Essentiellement, quatre petits paragraphes en conclusion de son texte qui se lisent comme suit:
On se fout de la sécurité routière, au Québec. Notre bilan routier est pire que celui de bien des pays européens. Des routes dangereuses, peuplées de dangereux excités qui roulent dangereusement, voilà qui est perçu comme une fatalité. Un peu comme une tempête de neige…
Bullshit. C’est pas une fatalité. C’est de la bêtise. Et le portefeuille est le meilleur moyen de mettre du plomb dans la tête des tatas.
La SAAQ va serrer la vis au fêlés du volant, donc.
M’entendez-vous chanter ?
Réalité 101
Le hic, dans cette conclusion de Lagacé de service, c’est qu’elle se contente de mettre l’odieux de toutes les calamités se produisant sur les routes sur le dos des automobilistes. Certes, il y a des irresponsables. Certes, il serait drôlement temps qu’ils paient le gros prix pour leurs conneries.
Mais il semble que Patrick Lagacé soit incapable de pousser un raisonnement jusqu’au bout. En effet, il suffit de se planter sur un trottoir montréalais et de regarder un peu la circulation pour comprendre que le problème n’a pas que quatre roues. Parfois, il n’en a que deux, et parfois il est sur 2 pattes…
On devrait faire payer les tatas qui déconnent? Bizarre, je n’ai pas entendu de nouvelle à l’effet que les cyclistes qui se foutent royalement de toute signalisation routière allaient être mis à l’amende. Ils n’ont même pas à se procurer une plaque pour circuler à vélo, comme ça se fait à bien d’autres endroits dans le monde. À deux rues de chez moi, il y a une piste cyclable qui longe la rue. JAMAIS, en trois ans que j’emprunte la rue perpendiculaire à ladite piste cyclable, jamais n’ais-je vu un cycliste respecter le panneau d’arrêt qui s’y trouve. JAMAIS non plus je n’ai vu de policiers sévir envers un cycliste brûlant un feu rouge - pas un feu sur une piste cyclable, un feu sur une rue! Pour ceux qui connaissent un peu Montréal, imaginez l’intersection Sherbrooke et Papineau. Les cyclistes se faufilent comme bon leur semble, peu importe la couleur des feux de circulation. À quelques reprises, il y avait bien une auto-patrouille à l’arrêt à l’intersection, mais réagir et donner une contravention au cycliste? Oubliez ça!
Regardons maintenant un peu du côté des bipèdes. Je sais bien que les bureaux du Journal de Montréal ne sont pas rue Ste-Catherine, mais je suis convaincu qu’il est possible pour un chroniqueur d’un aussi important journal de se faire défrayer le déplacement jusqu’à cette importante artère commerciale bien connue des Montréalais. Il aura alors l’occasion de remarquer une foule de bipèdes se foutant de toute signalisation. Oubliez la notion de traverser les rues aux intersections, lorsque le feu est au vert. On traverse à 3 pas de l’intersection parce que le magasin où l’on va est juste en face et pourquoi diable ferait-on un détour? Le plus court chemin entre deux points, c’est la ligne droite, c’est bien connu!
J’ajouterai une petite parenthèse pour tous les habiles utilisateurs de trottinettes et de patins à roues alignées qui, eux aussi, roulent où bon leur semble.
L’agacement
L’agacement qui m’a pris à la lecture de Lagacé, vous l’aurez deviné, est dû au fait qu’il se sert du prétexte qu’un animateur de la station radiophonique anglophone CHOM critique les hausses projetées du coût des plaques d’immatriculation pour interpréter ses propos comme bon lui semble et nous faire la morale sur les délinquants de la route plutôt que de se servir de sa tribune journalistique pour, justement, faire du journalisme. Évidemment, on peut se replier sur le statut de chroniqueur pour justifier que l’on fait une pièce écrite strictement pour provoquer plutôt que d’informer, mais franchement, c’est bien dommage.
Je suis tout à fait d’accord avec l’approche que, souvent, le portefeuille est le meilleur moyen de mettre du plomb dans la tête des tatas. Mais là où j’accroche, c’est sur le fait que les tatas en question soient toujours les automobilistes ou (une autre catégorie de gens que le chroniqueur Lagacé aime bien cibler) les motocyclistes.
Moi, j’aimerais bien circuler en paix en voiture. En paix, ça veut effectivement dire sans les tatas qui collectionnent les contraventions comme d’autres collectionnent les timbres poste. Ça veut aussi dire circuler sans freiner brusquement à cause d’un tata à vélo qui se croit tout permis parce qu’il est écolo et vert et que je suis un gros méchant à quatre roues qui abuse de son espace; ça veut aussi dire circuler sans qu’un twit jaillisse en courant d’entre deux voitures stationnées parce qu’il a vu son copain sur le trottoir d’en face et que les cons d’automobilistes, eh bien, ils n’ont qu’à freiner parce que - c’est bien connu - au Québec les piétons ont tous les droits.
Raisonner plutôt que résonner
Dans le document intitulé Politique de sécurité dans les transports 2001-2005 volet routier, publié en avril 2001 par le Service des politiques de sécurité du ministère des Transports et le Service des études et stratégies en sécurité routière de la Société de l’assurance automobile du Québec, on mentionne notamment que, «… actuellement, un fort pourcentage de piétons et de cyclistes, tout comme les automobilistes, enfreignent le Code de la sécurité routière, faisant fi des règlements de la circulation et de la signalisation.»
Je n’ai rien contre une hausse du coût des permis de conduire si elle est justifiée dans le cadre d’une politique globale de transport et de sécurité. Par contre, j’en ai contre une politique où l’on mise sur le fric pour décourager les pires contrevenants - ou du moins ceux qui sont les plus dommageables, les plus visibles et ceux que l’on sait pouvoir planter sans trop payer un prix politique - sans faire quoi que ce soit pour inciter les autres utilisateurs des voies publiques à respecter les règles établies.
Évidemment, ça coûte sans doute moins cher de hausser les permis et encaisser le fric que de rappeler aux policiers que les règlements s’appliquent pour tous. Oups, j’oubliais. Il faudrait d’abord qu’il y en ait, des policiers…
Alors, quand j’écris sur l’agaçant Lagacé, c’est sur l’agaçante insipidité de son propos que je réagis. Et je ne m’attarderai même pas à son chauvinisme à l’endroit des anglophones. Décidemment, il n’y a pas que les rues qui soient étroites dans le coin…






je dois avoir un bug dans mon browser car je vois pas mal de double point d’interogation
eille le cave, le clown qui roule en débile en ptite criss de civic ou en bmw ou en hyundai c’est ça qui est dangereux… pas le gars ou la fille ou l’enfant qui traverse la rue.C’ est l’ imbécile qui s’en vient a 40 kmh plus vite que la vitesse permise qui est dangereux…c’est pas celui ou celle qui respecte la limite parce que celui ci va probablement avoir la distance necessaire pour arreter avant l’impact avec le tres tres imprudent cycliste ou piéton…réveille ça presse
Ce que je touve agaçant dans le discours de M. Bison, c’est qu’il met l’odieux du mettre l’odieux de toutes les calamités se produisant sur les routes sur le dos des piétons et des cyclistes. Certes, il oublie (de la mauvaise foi, probablement) qu’il se produit chaque années au Québec plus de 7000 accidents routiers impliquant la grande faune !
Il est grand temp que la société mette la main sur ces sauvages (dont certains n’ont même pas de permit de port de bois) au lieu de critiquer nos pauvres petits automobilistes sans défenses. Vraiment M. Bison, poussez le raisonnement jusqu’au bout !
Fesons des blagues du niveau de M.Bisson.
Pipi! Caca! Pénis!
POuhahahHahahHA!
Ah c’est gentil ces commentaires.
On voit tout de suite par le propos qu’il s’agit de lecteurs articulés et informés.
Jack - Je ne dis pas que ce ne sont que les piétons et les cyclistes. Ce que je dis, c’est qu’eux, ils n’ont jamais de contravention même s’ils se foutent des règlements.
M. Nadeau - Je vous suggère - comme à Jack d’ailleurs - de prendre le temps de lire et de comprendre un texte avant de le commenter aveuglément. Ce que je reproche à M. Lagacé, c’est de ne viser QUE les automobilistes. À ma connaissance, il y a des règlements pour TOUS les utilisateurs du réseau routier, alors qu’on applique les règlements à TOUS et que l’on fasse payer la facture à TOUS.
M. Lareau - Vous avez, de toute évidence, beaucoup de temps à perdre! Enfin, à force de pratique, je suis certain que vous arriverez bientôt aux mots de trois syllables. Persévérez!