La fête oubliée

Premier mai, fête des travailleurs… C’est bizarre, mais on semble profiter de la journée pour faire bien des choses, sauf fêter.

Je jetais un oeil sur Le Monde, qui titre « 1er mai : des revendications communes mais des manifestations dispersées ». Sur Libération, on peut lire « Le chômage au cœur des mobilisations - Les défilés du 1er Mai devraient interpeller le gouvernement sur l’échec de la politique de l’emploi. Et cristalliser les inquiétudes à un mois du référendum. ». Sur Cyberpresse.ca et LeDevoir.com, motus et bouche cousue. Sur Canoë, on reprend simplement la Une de LCN, où l’on nous annonce qu’une manifestation est prévue devant les bureaux du premier ministre du Québec, Jean Charest. Bref, vive l’information en temps réel…

Mais bon, je ne répéterai pas encore ad nauseam à quel point je considère que nos médias locaux sont beaucoup plus axés sur la couverture de leurs budgets que la couverture de l’information. Je veux plutôt lancer l’interrogation « Où est passée la fête? » On passe déjà l’année à gueuler contre les conditions de travail, les salaires, la mondialisation, le gouvernement. On alloue une journée, une toute petite journée, à la fête des travailleurs. Alors vlan! Les syndicats en profitent pour en faire une session collective de revendication.

J’aimerais bien que l’on se rappelle de fêter parfois. Non pas que tout soit parfait et qu’il n’y ait pas matière à revendications. Mais bon, est-ce qu’une journée de fête collective minerait vraiment les grands mouvements syndicaux?

Hier, Isa m’a offert du muguet. Pour souligner le 1er mai. Un tout petit geste de fête, qui n’a rien d’une revendication. Et c’est très bien comme ça, ne serait-ce qu’une journée par année!

 

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