Médias francophones et standards Web: insouciance ou incompétence?

C’est le printemps! Les bourgeons vont ressortir bientôt et, pour les sites de plusieurs médias et portails francophones, c’est la saison du « redesign ». Alors, ça donne quoi? Hmm, disons que certains auraient eu intérêt à passer la saison hivernale à suivre des cours de design, de CSS, de XHTML et de HTML!

Note: Cette version initiale du survol des médias francophones se poursuit ici, avec un échantillonnage considérablement élargi.

Soyons honnêtes: le commun des mortels n’en a rien à foutre des standards Web. En fait, je suis tout à fait convaincu que la majorité des gens qui naviguent sur Internet n’ont aucune idée qu’il existe un organisme qui s’appelle le Worldwide Web Consortium (W3C), aucune idée qu’il existe des standards recommandés pour les outils qui servent à construire des pages Web: les Cascading Style Sheets (CSS), le Hypertext Markup Language (HTML), etc.

À quoi servent ces standards? Tout simplement à faciliter la tâche des concepteurs Web en leur donnant le moyen de créer facilement des pages Web qui seront rendues de façon similaire sous tous les fureteurs. Si le concept est très intéressant, il demeure toutefois quelques problèmes. D’une part, certains grands de l’industrie, qui sont membres du W3C, sont très réticents à adopter pleinement ces standards et, dans certains cas, semblent incapables de les intégrer correctement à leurs logiciels. C’est notamment le cas de Microsoft avec Internet Explorer. Je reviendrai d’ailleurs sur ce sujet dans un prochain billet.

D’autre part, il y a un problème chronique dans les grandes boîtes, où l’on se soucie plus du contenu ou de la publicité que du contenant, avec le résultat que l’on ignore les standards. Après tout, on considère beaucoup plus important de foutre sur votre ordinateur une multitude de cookies pour décortiquer vos habitudes de navigation que de se conformer à des standards que personne dans le grand public ne connaît!

Si vous en doutez, les données suivantes devraient vous intéresser. Il s’agit de saisies d’écrans effectuées les 21 et 22 mars 2005 ainsi que de tests de validation des pages Web en question avec l’outil de validation HTML du W3C.

Édité le 27 mars 2005: Il suffit de cliquer sur les vignettes pour accéder à des images de plus grand format.

LE CHAMPIONNAT DE LA NON-CONFORMITÉ AUX STANDARDS W3C

1er rang: Canoë - 2288 erreurs en accueil!

Canoe page
Canoe validation

2ième rang: Le Devoir - 718 erreurs en accueil

Le Devoir page
Le Devoir validation

3ième rang: Cyberpresse - 304 erreurs en accueil

Cyberpresse page
Cyberpresse validation

4ième rang: Le Monde.fr - 199 erreurs en accueil*

  • Le Monde omet aussi d’inscrire une déclaration de Doctype dans sa page, une déclaration pourtant obligatoire.

Le Monde page
Le Monde validation

5ième rang: Libération - 189 erreurs en accueil

Libération page
Libération validation

6ième rang: MSN-Sympatico - 79 erreurs en accueil*

  • MSN-Sympatico omet aussi d’inscrire une déclaration de Doctype dans sa page, une déclaration pourtant obligatoire.

MSN-Sympatico page
MSN-Sympatico validation

Non classable: Radio-Canada.ca - Accueil impossible à valider*

  • La page d’accueil de Radio-Canada ne définit pas l’encodage de caractères contenus dans la page. Impossible donc pour l’outil de validation de savoir quels sorte de texte on est sensé y trouver. C’est pourtant - avec le Doctype - une déclaration fondamentale de toute page Web.

Radio-Canada page
Radio-Canada validation

Et la suite…

Ceci n’est, je l’espère, que le premier volet de ce dossier. J’ai entrepris de contacter par courriel les webmestres des sites concernés en leur faisant part de ces résultats et leur posant trois questions, en indiquant que leurs réponses seront pour fins de publication:

  1. Sont-ils familiers avec les standards du W3C?
  2. Que pensent-ils du nombre d’erreurs décelées dans leur page d’accueil?
  3. Suite à ces résultats, pensent-ils changer leur façon de faire ou cela les laisse-t-il indifférents?

Je prévois faire un suivi sur ce dossier d’ici la mi-avril.

 

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