Dis-moi dix mots - Pensées perdues

Un jeu, un exercice, un plaisir. Voilà ce que j’en ai fait. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Les images de la basilique de Fourvière, à Lyon, me hantaient. Était-ce le souvenir furtif d’une jeune fille en robe rouge, aperçue lors d’une visite fortuite de la crypte, qui m’y ramenait sans cesse? Je ne saurais dire.

En fait, la vraie question était plutôt « qu’est-ce qui m’avait fait descendre gare St-Paul ce vendredi 13 août 2004? » La journée avait débuté par une engueulade. Rien de bien sérieux quand on y pense : Nathalie avait choisi une robe d’un jaune criard qui m’avait agressé l’œil, allez savoir pourquoi, et je ne m’étais pas gêné pour lui dire. Elle avait répliqué en me traitant de Schtroumpf grognon. L’entêtement se mettant de la partie, j’avais fini par sortir en claquant la porte, sans me retourner.

Je n’ai pas vraiment de souvenir de m’être rendu à la gare; pas de souvenir non plus du trajet. Le seul souvenir de gare que j’aie, en fait, c’est de la gare St-Paul. Dans mon empressement à descendre, j’avais embouti une vieille dame qui montait, les bras chargés de sacs. Tout avait foutu le camp en l’air : fruits, légumes, couscoussière, casseroles. Décidemment, ma journée ne s’arrangeait pas!

J’avais donc aidé ma victime à récupérer ses effets, me confondant en excuses. Et puis, la marche, sans vraiment de but précis, qui m’avait tout de même mené à la basilique. C’est en ses murs que le calme est revenu. C’est immanquable en fait : l’atmosphère à l’intérieur de la basilique ne permet pas autre chose qu’un état de paix intérieure. On a beau y entrer dans tous ses états, la quiétude omniprésente nous envahit, nous habite. Impossible d’y échapper.

C’est donc dans cette quiétude que le temps a semblé s’arrêter un instant, que j’ai aperçu la jeune fille à la robe rouge. Est-ce par simple curiosité que je me demande depuis ce jour qui elle est, pourquoi elle s’est esquivée furtivement? Il y a de ces jours où j’aimerais balayer toute cette journée sous le tapis, oublier qu’un enchaînement d’incidents somme toute banals ont chambardé ma vie, mais le temps ne sait fonctionner qu’en marche avant.

Alors je me ballade, empreint d’une mélancolie dont je n’arrive pas à me détacher. Encore une fois, je me dis que ce n’est que passager et que demain sera mieux. Et pendant que j’avance inconsciemment, perdu dans mes pensées, je ne remarque même pas la jeune fille à la robe rouge qui me croise, perdue – elle aussi – dans ses pensées.

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Merci à Kozlika d’avoir non seulement lancé le jeu mais aussi d’en héberger tous les participants. Vous pouvez lire l’ensemble des texte à l’adresse suivante:

http://www.kozlika.org/cahiers/index.php/

 

1 Commentaire

  1. Merci Benoit de ta participation. Elle est en ligne sur le blog qui regroupe tous les textes des participants !

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