Le plus difficile à apprendre
Publié dans En vrac, le 22/11/2004 à 5:19, par BenoitLorsque l’enfance se passe à manger des claques, on apprend à se baisser. Avec le temps, marcher avec l’échine courbée devient habitude…
Puis la vie continue. Au fil du quotidien, les craintes de jadis sont oubliées, mais on n’a pas pour autant appris à redresser le dos, à ne pas craindre les claques. Alors on évite. Tout. On esquive. On louvoie.
Mais la Vie est drôlement faite - certains diraient bien faite. Si vous apprenez à esquiver les claques des autres, fiez-vous sur la Vie pour vous coller les siennes. Et peu importe les habitudes, peu importe le talent à esquiver, la vie est plus rapide - ou est-ce plus patiente? - et vous rejoint. Les claques aussi.
Alors vient un temps où vous en avez marre. Peut-être est-ce qu’avec les années, une partie de sensibilité meurt. Peut-être est-ce simplement une fatigue de se complaire dans une misère dont on est le créateur. Toujours est-il qu’il finit par arriver un temps où une claque est de trop. On se dit «J’en ai marre. J’ai assez donné.»
Et étrangement, ça devient libérateur. Bizarre de «feeling» ça, quand on a l’impression que peu importe ce qui vient des autres, rien ne nous atteindra vraiment. Je n’y croyais pas vraiment. Après tout, quand on a filé une cinquantaine d’années en pensant avoir évité le pire, on se dit que c’est la façon de faire. Et bien non.
Choupinette avait raison. Merci Choupinette.
C’est comme si quelqu’un avait allumé l’interrupteur. Tellement de choses apparaissent plus faciles. L’aspect le plus étrange à apprivoiser sera sans doute l’absence de peur.
Ironique quand même d’avoir pris une cinquantaine d’année pour apprendre que c’est en essayant de louvoyer, d’éviter de déplaire, d’éviter de faire mal que l’on en fait le plus, que l’on vit constamment dans la peur de le faire, et qu’en bout du compte, on souffre le plus.
J’ai hâte de voir de quoi aujourd’hui, de quoi demain sera fait. Ça aussi, c’est un truc à apprivoiser. Allez. Si l’on se fie au statistiques, j’aurais encore une trentaine d’années pour ça.
22/11/2004 à 5:48 pm
Et je suis émue… et heureuse pour toi!